Rêves : pourquoi on s'en rappelle (ou pas) ?

Sommaire

Les scientifiques ont une certitude : nous rêvons tous. Toutefois, nous ne nous souvenons pas toujours de nos rêves une fois éveillés.

Y a-t-il une raison à cela ? C'est ce que des chercheurs du centre de recherche en neurosciences de Lyon ont tenté de découvrir.

Principe et méthode de l'étude

L'étude en question a été menée sur 36 personnes :

  • Les chercheurs ont utilisé un procédé appelé électroencéphalographie, qui consiste à mesurer l'activité électrique au sein du cerveau d'un individu.
  • L'activité électrique des cerveaux des sujets a été mesurée pendant qu'ils écoutaient un fond musical.
  • De temps en temps, leur propre prénom était prononcé.
  • Ces expériences ont été menées à la fois sur des périodes d'éveil et de sommeil.

Les « grands » et les « petits rêveurs »

À l'issue de cette expérience, deux catégories de sujets sont rapidement apparues :

  • les premiers ont été surnommés « mémorisateurs forts », parce qu'ils se souvenaient de leurs rêves presque tous les jours ;
  • les deuxièmes ont été surnommés « mémorisateurs faibles » parce qu'ils ne mémorisaient leurs rêves qu'une ou deux fois par mois.

Par ailleurs, il a été observé qu'un sommeil léger était plus propice à la mémorisation des rêves.

Mémorisateurs forts : un état de vigilance accru

D'après l'étude, les mémorisateurs forts verraient leur attention plus facilement détournée par des perturbations extérieures que celle des mémorisateurs faibles :

  • Attentifs à tous les détails de leur environnement, ils ne feraient pas abstraction des perturbations extérieures et seraient plus à même de se déconcentrer.
  • Cette propension à se laisser distraire serait l'un des facteurs en cause dans la forte mémorisation des rêves :
    • En effet, les personnes qui se souviennent fréquemment de leurs rêves ont une organisation cérébrale fonctionnelle particulière qui se caractérise par une vigilance accrue.
    • Cet état est observable pendant le sommeil comme pendant la veille.
    • Il semblerait que cette configuration cérébrale favorise la production du rêve et/ou sa mémorisation.

Mémorisateurs forts : un sommeil plus léger

L'étude a également fait apparaître, entre les mémorisateurs forts et les mémorisateurs faibles, une différence de la qualité du sommeil :

  • En effet, les mémorisateurs forts cumulent en moyenne 15 minutes d'éveil au cours de la nuit.
  • Les mémorisateurs faibles, eux, se réveillent en moyenne 5 minutes par nuit.
  • Or, plus on se réveille dans la nuit, plus on est à même d'être coupé "en cours de rêve", donc de s'en souvenir :
    • Depuis les années 1970, il est établi que le cerveau ne peut stocker aucune nouvelle information dans la mémoire à long terme pendant le sommeil.
    • Ainsi, un rêve doit être suivi d'une période d'éveil pour être mémorisé.
    • Les micro réveils, par exemple dus à des perturbations sonores, comme c'est le cas dans cette expérience, permettent aux mémorisateurs forts de mieux se rappeler de leurs rêves.

Pour approfondir le sujet :

  • Pour mieux comprendre le mécanisme de la production des rêves, voir notre page Rêves.
  • Les rêves sont nécessaires et jouent un rôle dans l'équilibre mental. Leur interprétation peut permettre de mieux se connaître, c'est pourquoi elle est souvent utilisée en psychanalyse.
  • Si un sommeil léger permet de mieux mémoriser ses rêves, il peut vite devenir handicapant, car il est moins réparateur que le sommeil profond. Si vous êtes facilement réveillé par le bruit, mettez-vous aux bouchons d'oreille !
  • Rêves ou pas, un bon sommeil est indispensable à l'équilibre. Consultez notre fiche pratique Bien dormir.

Aussi dans la rubrique :

Mécanismes du sommeil

Sommaire