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Stress, irritabilité, baisse de moral, sensibilité exacerbée... Le manque de sommeil influe sur notre humeur et notre capacité à gérer les petits tracas quotidiens. Mais bien plus grave : il altère notre santé, nous prédispose à certaines maladies et nous expose à des risques accrus d'accidents.

Manque de sommeil des Français : une étude alarmante

Le Bulletin épidémiologique 2019 de Santé publique France (basé sur le Baromètre Santé 2017) laisse apparaître que :

  • le temps de sommeil moyen des actifs est de 6 h 42 en semaine et d'environ 1 heure 30 de plus le week-end (8 h 02) ;
  • plus d'un tiers des actifs (36 %) ne dort qu'entre 2 et 6 h par nuit ;
  • plus d'un quart d'entre eux (28 %) souffre de somnolence et sont en dette de sommeil (différence supérieure à 60 minutes entre le temps de sommeil idéal d’un individu et son temps de sommeil total [TST], incluant la sieste) ;
  • près d’une personne sur cinq (17,7 %) est en restriction (différence supérieure à 60 minutes entre TST en semaine et le week-end).

Ces chiffres confirment une tendance générale : le temps consacré au sommeil est de plus en plus rogné. La durée idéale, pour un adulte se situerait entre 7,5 h et 9 h pour obtenir un repos optimal.

Le manque de sommeil, qu'il soit ponctuel ou régulier, bouleverse l'équilibre de l'organisme, entraînant des conséquences néfastes sur la santé et nuisant à notre qualité de vie.

Risques du manque de sommeil pour la santé

Exposition accrue à certaines affections

L’enchaînement de nuits trop courtes est associé à une augmentation du risque de développer certaines maladies :

  • Accidents vasculaires cérébraux (AVC) : une étude américaine, menée sur 5666 adultes en bonne santé, a montré que les petits dormeurs (moins de 6 h par nuit) ont un risque multiplié par 4 par rapport à ceux qui dorment de 7 à 8 h de faire un AVC.
  • Diabète : le manque de sommeil rend l'organisme moins sensible à l'insuline, l'hormone qui permet de réguler le taux de sucre dans le sang. Il augmente le risque de développer un diabète de type 2.
  • Hypertension artérielle et maladies cardiaques : les risques sont accrus.
  • Certains cancers, comme le cancer du sein, seraient plus fréquents chez les personnes exerçant des professions qui altèrent la qualité du sommeil à cause d'horaires décalés les infirmières par exemple).
  • Infections diverses (rhumes par exemple) : le manque de sommeil affaiblit le système immunitaire puisqu'en temps normal, il permet d'activer les intégrines des lymphocytes T (globules blancs), des protéines qui optimisent leur efficacité.

Affaiblissement de la capacité à mémoriser

Un sommeil de qualité permet une mémorisation efficace des nouveaux apprentissages. Cela est dû au fait que le cerveau profite du sommeil lent profond pour réaliser un nettoyage cérébral en éliminant les déchets toxiques pour la mémoire.

Un déficit de sommeil se traduit au contraire par une difficulté à intégrer de nouvelles connaissances, ce qui est particulièrement dommageable par exemple pour des étudiants en cours de scolarité.

Déséquilibre alimentaire

Le manque de sommeil peut provoquer sur le long terme un surpoids, voire une obésité, en agissant sur différents facteurs :

  • il modifie la sécrétion des hormones impliquées dans la fonction régulation de l'appétit : la production de leptine, « hormone de la satiété » qui conduit à cesser la prise alimentaire, diminue tandis que la production de ghreline, hormone qui stimule l'appétit, augmente ;
  • il incite les personnes à choisir des aliments caloriques, sucrés et à consommer de plus grandes quantités ;
  • il dérègle le microbiote intestinal (deux nuits de privation de sommeil suffisent à entraîner une modification de la flore intestinale) ;
  • il conduit à une réduction du niveau d'activité physique et donc à une moindre dépense énergétique.

Conséquences du manque de sommeil sur le risque d'accidents

La fatigue est associée à une baisse de vigilance, qui peut avoir des conséquences tragiques au volant.

  • Une étude de l'Association des Sociétés d'Autoroutes (ASFA) révèle que la somnolence est la première cause d'accidents mortels sur l'autoroute. Fatigue et somnolence sont responsables d'un tiers des accidents.
  • Des chercheurs californiens ont testé les aptitudes à la conduite automobile de personnes soumises à un déficit chronique de sommeil (des nuits écourtées de 2 h la semaine précédente) comparativement à des personnes ayant consommé de l'alcool (8,9 g/l en moyenne, alors que la limite autorisée est de 5 g/l). Ils ont conclu que le manque de sommeil est aussi dangereux que la consommation d'alcool pour la conduite au volant.

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