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La polyurie nocturne est l’une des formes de nycturie. Elle se matérialise par des mictions fréquentes et importantes au cours de la nuit. Quelle que soit son origine, elle nuit à la qualité du sommeil et peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie et l’état de santé de la personne. Selon la cause de la polyurie nocturne, des conseils ou des traitements peuvent être indiqués pour soulager les symptômes et prévenir les conséquences de la polyurie nocturne.

Qu’est-ce que la polyurie nocturne ?

La nycturie représente des réveils nocturnes pour uriner, une à plusieurs fois par nuit. Plusieurs formes de nycturie sont considérées par les spécialistes :

  • La polyurie-polydipsie est une abondance de mictions durant la journée et la nuit associée à une soif importante. Elle peut être associée à des pathologies (diabète sucré, diabète insipide) ou de mauvaises habitudes (apports hydriques excessifs).
  • Une faible capacité vésicale nocturne correspond à une faible capacité de la vessie. Elle est souvent associée à l’hypertrophie bénigne de la prostate chez les hommes, mais elle peut avoir d’autres causes (obstruction de la vessie, troubles vésicaux neurologiques ou sans origine, pathologies de la vessie -infection, inflammation, calculs, tumeur).
  • La polyurie nocturne est définie comme des mictions nocturnes importantes. La polyurie nocturne se distingue de la pollakiurie nocturne par le volume des urines, faibles dans le cas de la pollakiurie, importants dans le cas de la polyurie.
  • Les pollakiuries psychogènes liées à des troubles anxieux ou des insomnies.

La polyurie nocturne correspond à une augmentation du volume d’urines la nuit. Normalement, 2/3 des urines sont produites au cours de la journée, 1/3 la nuit. En cas de polyurie nocturne, ce rythme s’inverse.

Causes de polyurie nocturne

La polyurie nocturne concerne généralement les personnes âgées, mais ses causes sont variables.

Parmi les causes de polyurie nocturne, deux grandes catégories sont distinguées : les causes primitives et les causes secondaires.

Causes primitives

Les causes primitives où la polyurie n’est pas associée à une autre pathologie, le vieillissement semble constituer l’une des facteurs de risque principaux. Une prise excessive de boissons en fin de journée ou une consommation abusive de sels sont également des causes possibles.

Par ailleurs, une envie d’uriner trop fréquente dans la nuit concerne 66 % des futures mamans au cours du 3e trimestre.

Causes secondaires

Les causes secondaires où la polyurie est une conséquence d’une autre pathologie :

  • la prise de médicaments le soir, notamment de médicaments diurétiques ou d’inhibiteurs calciques utilisés dans le traitement de l’hypertension artérielle ;
  • une insuffisance cardiaque ;
  • un œdème des membres inférieurs ;
  • des pathologies neurologiques et/ou rénales ;
  • le syndrome d’apnée du sommeil ;
  • des troubles de sécrétion de l’hormone antidiurétique.  

Symptômes de la polyurie nocturne

La conséquence directe de la nycturie et de la polyurie nocturne est la diminution de la qualité du sommeil et donc de la qualité de vie. Généralement chronique, cette conséquence peut entraîner d’autres effets, à plus ou moins court terme :

  • un risque de chutes la nuit, en particulier chez les personnes âgées ;
  • une énurésie (mictions involontaires et inconscientes au cours de la nuit) ;
  • une somnolence diurne avec des endormissements fréquents au cours de la journée ;
  • une fatigue chronique et une diminution des capacités dans la journée ;
  • des épisodes dépressifs ; des troubles métaboliques ; un excès de mortalité.

Diagnostic de la polyurie nocturne

Face aux symptômes de nycturie décrits par le patient, le médecin interroge le patient sur le calendrier mictionnel (nombre, volume et heures des mictions sur 24 heures). Orienté vers un diagnostic de polyurie nocturne, le médecin peut prescrire différents examens pour confirmer le diagnostic et déterminer l’origine des symptômes :

  • un examen cytobactériologique des urines pour rechercher une éventuelle infection urinaire ;
  • une échographie pelvienne, rénale et abdominale pour visualiser la vessie ;
  • une cystoscopie (endoscopie sous anesthésie locale) pour explorer l’intérieur de la vessie ;
  • une débitmétrie qui permet de calculer le volume des urines, la puissance du jet urinaire et la vitesse d’émission des urines ;
  • un bilan urodynamique en cas de besoin comprenant une cystomanométrie pour déterminer la pression à l’intérieur de la vessie, vide ou pleine ; une profilométrie urétrale pour déterminer les pressions dans l’urètre ; une électromyographie pour étudier l’activité du sphincter urétral.

Traitement de la polyurie nocturne

La prise en charge de la polyurie nocturne est essentielle pour améliorer la qualité de sommeil et de vie du patient et prévenir les conséquences à moyen-long terme. Outre le traitement spécifique de la cause de la polyurie nocturne (traitement de l’insuffisance cardiaque, de l’apnée du sommeil, des pathologies neurologiques ou rénales, etc.), différents traitements peuvent être proposés aux patients, notamment des mesures simples de prévention : une diminution des apports hydriques le soir, la surélévation des jambes la nuit ou une compression veineuse par des bas de contention.

Le traitement consiste ensuite en :

  • une adaptation des traitements antihypertenseurs pour éviter la prise de diurétiques le soir ;
  • un traitement par des médicaments alpha-bloquants utilisés dans le traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ;
  • un traitement par la desmopressine, efficace sur les patients de moins de 65 ans.