La fatigue chronique

Écrit par les experts Ooreka

Il existe plusieurs troubles du sommeil appelés hypersomnies : apnée du sommeil, ronflement, narcolepsie, fatigue chronique et trouble du rythme circadien. Le syndrome de fatigue chronique est une maladie qui se caractérise par un épuisement associé à des symptômes secondaires qu'il faut différencier d'une simple fatigue, aussi importante soit-elle.

À  noter : environ 3 % de la population souffre d'un syndrome de fatigue chronique, avec une prévalence bien supérieure à celle du cancer du poumon ou du sida.

Qu'est-ce que le syndrome de fatigue chronique ?

Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est aussi appelé « encéphalomyélite myalgique » (EM), ou encore « encéphalopathie myalgique ». On utilise habituellement le terme de « maladie EM/SFC ».

C'est une maladie neurologique encore mal connue et mal expliquée. Elle peut toucher toutes les catégories d'âges et de personnes.

Le diagnostic est difficile, car il faut distinguer la fatigue occasionnelle de la fatigue chronique qui constitue, dans le cas du SFC, un véritable syndrome. À cela s'ajoute une multitude de symptômes secondaires pouvant être communs à d'autres maladies ou troubles du sommeil, comme : des douleurs musculaires, des difficultés de concentration, une fatigue généralisée, un sommeil non récupérateur.

Ainsi, seul un examen clinique après l'exclusion d'autres pathologies permet d'établir le diagnostic, aucun test sanguin, biologique ou radiologique ne permettant de déterminer la présence de cette maladie.

Bien qu'il n'existe pas de consensus sur la meilleure façon d'établir un diagnostic d'EM/SFC, plusieurs chercheurs s'accordent sur le fait que le malaise post-effort (ou PEM pour Post-exertional Malaise) est un critère essentiel et caractéristique de la maladie. Ce test se caractérise par le fait que n'importe quel effort (physique ou mental) augmente tous les autres symptômes dans les heures qui suivent.

À  noter : le problème du diagnostic du SFC réside dans le fait qu'il n'existe pas de consensus clair et international, de sorte que les patients sont diagnostiqués en fonction des critères retenus et de la définition clinique utilisée par le médecin qu'ils consultent.

Quelles sont les causes du syndrome de fatigue chronique ?

Une infection virale responsable d'une maladie auto-immune

Le SFC étant mal connu, ses causes restent difficiles à préciser. L'origine virale est une explication possible. En effet, une infection virale entraîne souvent une forte fatigue, mais uniquement durant la période de l'infection.

Le syndrome de fatigue chronique pourrait alors venir d'un dysfonctionnement du mécanisme de défense du système immunitaire. En effet, on constate fréquemment chez les malades qu'il y a une activation de niveaux élevés
de lymphocytes T.

Remarque : on évoque souvent divers événements déclencheurs possibles : une vaccination, une anesthésie, un traumatisme physique, l'exposition à des polluants environnementaux, à des produits chimiques ou à des métaux lourds.

Un déséquilibre du microbiote

Une autre cause possible du SFC serait un déséquilibre de la flore intestinale (microbiote). Il s'avère en effet que les bactéries intestinales des patients souffrant d'encéphalomyélite myalgique sont beaucoup moins diversifiées que celles des personnes qui ne sont pas malades. De plus, les bactéries retrouvées sont essentiellement pro-inflammatoires et non anti-inflammatoires.

Par ailleurs, on retrouve des marqueurs d'inflammations en quantités beaucoup trop élevées dans le sang. Cela s'expliquerait par une perméabilité excessive de l'intestin, celui-ci laissant passer des bactéries dans la circulation. Là encore, cela déclencherait une réaction immunitaire qui serait à l'origine des nombreux symptômes observés en cas de syndrome de fatigue chronique.

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Quels sont les symptômes du syndrome de fatigue chronique ?

L'EM/SFC apparaît généralement de façon brutale et elle entraîne une détérioration immédiate et
dramatique de la santé. Plus rarement, elle apparaît progressivement, mais dans tous les cas sans cause évidente.

De très nombreux symptômes découlent de l'encéphalopathie myalgique.

Les quatre principaux, qui sont systématiques, sont :

1. Une fatigue persistante depuis plus de 6 mois entraînant une baisse importante des activités (50 % ou plus) et des performances antérieures et sans cause identifiée.

Remarque : en cas d'EM/SFC, le terme de fatigue est relativement inapproprié ; c'est un abus de langage puisqu'il ne s'agit en aucun cas d'un état normal de fatigue dans lequel le repos restaure rapidement l'énergie. En effet, certains malades doivent rester au lit et sont dépendants pour la vie quotidienne.

2. Un sommeil non réparateur et des troubles du sommeil (perturbations de la durée ou des
rythmes du sommeil, par exemple inversion du rythme, hypersomnie au cours de la journée, etc.).

3. Un malaise post-effort anormalement marqué et nécessitant un temps de récupération supérieur à 24 heures.

4. Des douleurs musculaires (crampes par exemple) ou des myalgies (qui font souvent évoquer la fibromyalgie) et des douleurs articulaires.

D'autres symptômes, parmi les plus souvent rencontrés sont :

  • des troubles de la mémoire à court terme et de la concentration (symptômes neurologiques et cognitifs), avec par exemple de la difficulté à traiter des informations et à trouver ses mots ;
  • des troubles perceptuels et sensoriels (par exemple une instabilité spatiale ou une incapacité à faire la mise au point visuelle) ;
  • une ataxie, de la faiblesse musculaire et des fasciculations sont fréquentes ;
  • des phénomènes de surcharge cognitive, sensorielle (photophobie, hypersensibilité au bruit, aux odeurs, etc.) et/ou une surcharge émotionnelle responsable d'anxiété (les symptômes s'aggravent en cas de stress) ;
  • des troubles neuroendocriniens (température corporelle inférieure à la normale) avec dysfonctionnement du système neurovégétatif (hypertranspiration, extrémités froides, changement de poids important, etc.) ;
  • la présence de ganglions cervicaux ou axillaires sensibles (symptômes immunitaires) ;
  • des maux de tête d'apparition récente ou anormalement douloureux (certains patients évoquent la sensation d'avoir le cerveau comme « aspiré ») ;
  • des troubles digestifs (nausées, ballonnements, constipation, diarrhées) ;
  • une hypotension orthostatique ;
  • des maux de gorge.

Bon à savoir : ces éléments constituent les critères de Fukuda, et l'Association française du Syndrome de Fatigue chronique (AFSFC) recommande leur utilisation.

Quelles sont les conséquences du syndrome de fatigue chronique ?

Les personnes atteintes d'un syndrome de fatigue chronique doivent changer leur rythme de vie à cause de la fatigue généralisée dont elles sont touchées. Toute activité devient plus difficile, voire impossible (sorties, sport, travail).

Outre l'impact physique, l'impact mental est à prendre au sérieux. Les personnes peuvent se sentir isolées par leur incapacité à travailler ou à suivre une activité physique ou culturelle. D'autant plus que les causes de leur mal ne peuvent être expliquées clairement.

À noter : bien que les symptômes se ressemblent, il ne faut pas confondre le SFC avec la fatigue due à une carence alimentaire (manque de fer, de vitamine, etc.). En cas de grande fatigue, une prise de sang prescrite par le médecin permettra de détecter s'il s'agit d'une carence et si c'est le cas, d'y remédier avec le régime adapté.

Quels sont les traitements du syndrome de fatigue chronique ?

Comme la maladie est encore peu comprise, les traitements spécifiques au syndrome de fatigue chronique ne sont pas encore développés. S'agissant d'une maladie orpheline, peu de laboratoires s'y intéressent et il n'existe donc aujourd'hui aucun véritable moyen de soigner la maladie, de sorte qu'elle reste à ce jour incurable.

Il est tout au plus possible de soulager certains symptômes.

Il est déconseillé de rester totalement inactif, dans la mesure du possible, mais il ne faut surtout pas « forcer ». On préconise des étirements quotidiens et de la marche à son rythme.

Il faut faire en sorte de lutter contre les bactéries intestinales (candida albicans et geotrichum Candidum), et pour cela éviter de consommer du blé, des aliments riches en sucre (pâtisseries, sodas, jus de fruits non pressés, etc.), des levures (telles que la levure de bière ou la levure boulangère, ainsi que des médicament à base de levure tels que l'Ultralevure), des dérivés laitiers non stérilisés (lait, beurre et fromages fermentés du type bleus).

D'autres recommandations alimentaires sont à respecter :

  • éviter de consommer des fruits et des légumes abîmés ou trop mûrs, ainsi que des fruits séchés (raisins, dattes, figues) ;
  • ne jamais consommer un produit déjà entamé, même s'il a été stocké au réfrigérateur ;
  • éviter de consommer de la charcuterie et des aliments contenant des sulfites (jambon blanc) ;
  • éviter les conservateurs E220-227 et E280-283 ;
  • éviter les édulcorants : aspartam (E951) et glutamate de sodium (E620-325), et donc les sodas « lights » ainsi que de nombreux médicaments.

Bon à savoir : si ces édulcorants favorisent les douleurs musculaires, ce n'est pas le cas de la stévia, qui peut être utilisée pure.

Par ailleurs on recommande :

Attention : il existe d'importantes contre-indications en cas de SFC : les anxiolytiques, les antidépresseurs et les somnifères aggravent les symptômes.


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